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Pour un entrepreneuriat libertaire

Ce titre est un pastiche éhonté du titre de l'inspirant ouvrage Pour une économie libertaire, de Frédéric Antonini.

Dans cet ouvrage, Frédéric Antonini propose des pistes conceptuelles et concrètes pour une économie débarrassée de toute logique de domination.

Un entrepreneuriat libertaire viserait également un objectif de sortie des logiques de domination, ainsi qu'un travail de régénération des communautés humaines et vivantes.

Amorces d'Hugo Bachellier

Hugo Bachellier a proposé quelques questions-amorces pour cet article.

Qu’est ce qui fait le système est dégénératif ?

Pour moi, ce qui fait que le système est dégénératif, c'est la priorité mise sur la maximisation du profit (excédent budgétaire), au lieu de la viabilité économique (budget à l'équilibre), couplée à une logique de domination et de compétition (volonté d'être l'acteur global le plus puissant).

Cette logique entraîne une fuite en avant qui pousse à l'extraction maximale de ressources, ce qui in fine détruit le vivant, et qui met sous tension les humain.e.s qui travaillent à la transformation de ces ressources.

Est-ce possible d’être régénératif ?

Il y a des choses qui sont très difficiles à régénérer, car certaines transformations sont irréversibles. Un exemple qui vient rapidement en tête est la biodiversité : une fois une espèce disparue, il est difficile d'imaginer la régénérer.

Il faut se méfier des points de non-retour qui peuvent causer des transformations irréversibles.

Par contre, tant que l'on est dans la “limite élastique” des transformations en cours, il est possible de “régénérer”. On pourrait faire une métaphore générale autour de la “création d'habitat”.

Très littéralement, la “création d'habitat” est une façon de procéder très régulièrement utilisée par la permaculture.

S'inspirant des bordures entre les écosystèmes (par exemple entre une forêt et une prairie), les permacult.eurs.rices tentent de créer une grande variété de micro-climats (différentes combinaisons de luminosité, humidité, nutriments disponibles dans le sol, exposition au vent, etc.) dans le but de créer les habitats pour abriter une grande variété de végétaux, d'insectes, de batraciens, de reptiles, d'oiseaux, de petits et gros mammifères.

Les espaces avec cette diversité d'habitats qui sont bien connectés à ces différentes espèces par des corridors écologiques appropriés (trames vertes, bleues, noires) se font rapidement re-peupler par des espèces jusque là absentes du terrain.

Cette création d'habitats crée aussi quantitativement de nouveaux espaces pour que plus d'individus d'une même espèce disposent de lieux appropriés pour vivre.

On pourrait filer cette métaphore dans nos communautés humaines :

Pour moi, les organisations collectives que nous mettons en place pour subvenir à nos besoins correspondent métaphoriquement à ces habitats.

Ainsi, créer des organisations dans lesquelles il fait aussi bon vivre qu'une bonne petite mare pour un triton pourrait permettre de “régénérer” notre qualité de vie.

Si on n'a pas passé les points de non-retour…

D’après toi, les trucs à ne pas faire?

Ma réponse à cette question va rejoindre la réponse à la première question.

Pour moi, il y a deux choses principales à ne pas vouloir faire:

D'après toi, les trucs à faire (ou du moins les pistes de trucs à faire)

Pour moi, parmi les choses à faire, pour moi, il faudrait tout d'abord renforcer nos compétences d'organisation collective “horizontale”.

Comment créer des organisations qui laissent à chacun.e la place d'être celui/celle qu'ille veut être, et de gérer de façon constructive les conflits qui pourraient émerger des divergences ?

Il y a un savoir-faire qui circule de plus en plus sur ces questions, avec la diffusion des compétences de facilitation, d'intelligence collective, ainsi que de communication non-violente. Mais la mise en oeuvre quotidienne de ces compétences reste largement minoritaire.

Quelques bonnes références sur ces questions incluent l'université du Nous, le travail de Frédéric Laloux sur les organisations opales, l'holacratie et autres variantes, ou encore Marshall Rosenberg et la communication non-violente.

Ce type de gestion est complexe, et peut risque de s'embourber dans de nombreuses ornières, par exemple la tyrannie de l'absence de structure.

Deuxièmement, il faut savoir se poser la question de l'échelle. J'ai le sentiment que la mise en oeuvre d'organisations plus vivables est aussi une question d'échelle, et qu'il faut donc plutôt multiplier des petites organisations interconnectées, plutôt que viser des organisations à grande échelle, qui seront toujours plus difficiles à coordonner dans le respect de tou.te.s les membres impliqué.e.s.

Cette même question d'échelle intervient dans la question de la non-domination des vivant.e.s non-humain.e.s, et l'usage des ressources que nous partageons avec elles/eux. Dans ce sens, toute la réflexion menée sur les communs peut nous inspirer.

Rojava.

D’après toi, quels sont leviers qui peuvent être actionnés le plus facilement et le plus impactant : comptabilité, monnaie, structure juridique, gouvernance, approche personnelle, état d’esprit de la boite, raison d’être, … (tous en même temps ?)

Il existe aujourd'hui des outils qui permettent déjà d'aller assez loin, comme en témoignent les nombreuses expérimentations/réalisations en cours et existantes.

Structures juridiques proposées par Frédéric Antonini: associations, coopératives et auto-entrepreneurs, grosso modo.

Est-ce qu’il nous manque des outils pour monter un projet soutenable ? Si oui, lesquels selon toi ?

Des dispositifs de soutien qui permettent à celles et ceux qui veulent se lancer de sauter le pas, et d'assurer leurs arrières. Le revenu de transition écologique.

Quand est ce qu’on s’y mets alors ?

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